ELEVAGE PASTORAL

 PROBLEMATIQUE
 L’élevage pastoral est un système extensif de production caractérisé par la mobilité saisonnière des animaux et des bergers à la recherche de l’eau et des pâtures. Ce système d’élevage extensif représente plus de 90 % des cheptels de bovins et petits ruminants que compte le Cameroun estimés respectivement à 6 et 8 millions de sujets.

 Difficultés d’accès aux ressources pastorales
 La mobilité des animaux et des bergers qui présente l’avantage d’utiliser de façon rotative le potentiel foncier pas toujours suffisamment valorisé n’est pas toujours conduite sans difficultés et problèmes avec les autres utilisateurs de l’espace que sont les agriculteurs et les pêcheurs. Les cultures et les canaux pêche empiètent certaines zones de pâturage ou obstruent les pistes de transhumance. Du fait de la négligence de certains bergers, les animaux détruisent les cultures. Ceci dégénère souvent en de violents conflits entre les différentes communautés d’utilisateurs.
 Le cadre légal et réglementaire est caractérisé par une méconnaissance et un non respects des lois et réglementations par les principales parties du foncier que sont les agriculteurs, les éleveurs, les pécheurs et les autorités traditionnelles. Faute de budget de fonctionnement, les commissions en charges de la gestion du domaine national et des conflits agro-pastoraux sont peu opérationnelles ce qui favorise la corruption.


 Marginalisation et insécurité des pasteurs
 Appartenant principalement aux tribus Foulbés et Arabes Choa, groupes minoritaires, les pasteurs sont marginalisés dans la vie moderne :
   o Faible scolarisation des enfants ;
   o Accès limité aux soins de santé (faible couverture vaccinale, éloignement des centres de santé) ;
   o Eloignement des points d’eau potable ;
   o Equité insuffisante dans les transactions commerciales (faible part dans le prix final du bétail)
   o Faible participation à la vie politique.
 Les informations sur les ressources pastorales (eau, pâturage) et les conditions de vie des pasteurs sont peu documentées.
 Ceci ne favorise pas les politiques et les prises de décision.
 Dans les provinces septentrionales et l’Est du pays, les pasteurs sont souvent attaqués par des voleurs qui leur extorquent d’importantes sommes d’argent ou prélèvent une bonne partie du troupeau. Les forces de l’ordre et la justice sont parfois peu diligentes pour assurer la sécurité et rétablir les éleveurs dans leur droit.
 Insuffisante valorisation du potentiel de production laitière
 Fortement tributaire des importations de lait et produits laitiers, le Cameroun subit de plein fouet l’actuel renchérissement des cours mondiaux. Les produits laitiers deviennent ainsi hors de portée des groupes vulnérables.
 Sans une croissance corrélative des volumes, les importations ont pratiquement doublées en valeur entre l’année 2006 et 2007. Quand bien même la productivité des vaches reste faible, la production nationale disponible n’est pas facilement commercialisation.
 Plusieurs dynamiques de transformation locale de lait ont récemment vu le jour en zones urbaines et périurbaines. Si ces unités de transformation peuvent commercialiser sans heurt leur production (lait pasteurisé ou stérilisé, yaourt, fromage), elles éprouvent tout de même d’énormes difficultés d’approvisionnement et fonctionnent ainsi très en dessous des capacités installées, du fait d’une organisation insuffisante de la collecte.

 ZONE D’INTERVENTION
 La zone d’intervention de la SNV Cameroun dans le domaine de l’élevage pastoral est constituée des provinces du Nord Ouest et de l’Extrême Nord.

 OBJECTIFS D’IMPACT
 Les impacts recherchés sont de plusieurs ordres :
   o Amélioration de la production et de la productivité de l’élevage pastoral par un accès harmonieux à l’eau et aux pâturages ;
   o Accroissement des revenus des pasteurs dans la commercialisation du bétail, la production et la transformation du lait ;
   o Amélioration de la sécurité et de la paix sociale
   o Amélioration de la sécurité alimentaire

 RESULTATS ATTENDUS
   √ Amélioration de l’environnement juridique et réglementaire du pastoralisme par une sécurisation des espaces pastoraux ;
   √ Participation accrue des pasteurs aux différents processus devant concourir à l’amélioration de leur condition de vie et à l’élaboration du code pastoral ;
   √ Formalisation et mise en œuvre des conventions locales de gestion concertée des ressources naturelles dans des processus d’intercommunalités ;
   √ Création et fonctionnement des plateformes de dialogues d’utilisateurs des ressources que sont les agriculteurs, les éleveurs et les pasteurs ;
   √ Création des clusters de production, transformation et de commercialisation des produits laitiers
   √ Mise en place d’un observatoire sur le pastoralisme

 CLIENTS
   o Les plateformes départementales et provinciales d’utilisateurs des ressources
   o Les intercommunalités qui regroupent plusieurs communes engagées dans des processus de gestion concertée des ressources
naturelles en général et pastorales en particulier
   o Les organisations d’éleveurs et de pasteurs
   o Les organisations de producteurs et transformateurs de lait
   o Les organisations locales d’appui (Local Capacity Builders)

 PARTENAIRES
   √ Le Ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) et ses services déconcentrés
   √ Le projet GP DERUDEP et la FAO sur les systèmes d’information sur les marchés
   √ Les autorités d’aménagement du territoire (MIDIMA, UNVDA)
   √ Les ONG et Agences internationales de développement (HEIFER, ACRA)
   √ L’ambassade des pays Bas au Cameroun