STRATEGIE NATIONALE

Nos choix d'intervention s'articulent autour de problématiques et d'activités liées à la diversité écologique et culturelle du Cameroun, et répondant aux priorités nationales qui se dégagent de la révision du DSRP: amélioration des revenus (agriculture, développement des PME et le bois étant les secteurs clés), accès aux services de base, et amélioration de la gouvernance y compris lutte contre la corruption.

Notre choix prioritaire s'appuie sur notre expertise dans le secteur de la forêt. Nous mettrons l'accent sur l'inclusion sociale et l'augmentation (quantitative, qualitative et saine du point de vue de l'environnement) des produits de la forêt par la promotion de forêts communautaires qui constituent l'un des rares moyens dont disposent les populations locales pour gérer leurs ressources et accéder aux revenus issus de la forêt. Un objectif important de notre travail sera de permettre une source de bois légal pour le secteur – actuellement très informel - de la Transformation Secondaire du Bois . Le résultat attendu étant de pouvoir profiler ce secteur sur les marchés officiels et ceux du commerce équitable, et développer ainsi un potentiel sérieux de création de valeur ajoutée importante et donc de richesse, pour les populations de la forêt, mais aussi pour les artisans et les Petites et Moyennes Entreprises (PME) de la chaîne de transformation du bois.

De gros problèmes de gouvernance affectent l'exploitation du bois, et ont jusqu'à présent été des obstacles sérieux à la mise en œuvre de la loi sur les forêts communautaires. Mais nos partenariats, notre rôle de gestionnaire de la Facilité pour la Gouvernance Forestière (FGF) ainsi que nos relations étroites et complémentaires avec l'Ambassade des Pays Bas constituent des atouts importants pour avancer dans ce travail. D'ici à 2009, nous aurons facilité le regroupement de forêts communautaires et leurs droits et aptitudes à vendre leur bois. Nous aurons testé un système pilote de transformation et de vente de bois légal et aidé à résorber les principaux goulots d'étranglement, et nous aurons identifié les opportunités pour un développement de ces expériences à plus grande échelle . La forêt est également le site principal – mais non unique – de notre travail sur les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). En collaboration avec la FAO et d'autres partenaires, nous rechercherons le positionnement sur des marchés régionaux porteurs de quatre PFNL issus des zones forestières et sahéliennes qui présentent un potentiel important pour l'augmentation de revenus des femmes et des peuples autochtones tels que les pygmées Baka, dans la zone forestière. Les axes principaux de notre approche seront l'appui aux acteurs pour endiguer la surexploitation des ressources naturelles, pour développer les capacités de transformation en produits finis de qualité et de négociation de prix équitables. D'ici à fin 2009, nous aurons aidé les acteurs locaux à augmenter ou réguler la production des PFNLs, à améliorer l'accès au crédit et à une connaissance fine des marchés qui permettront un meilleur positionnement commercial des produits.

Dans les provinces de l'Extrême Nord et du Nord-Ouest du Cameroun, les revenus issus de l'Elevage Pastoral sont affectés par les difficultés d'accès aux zones de pâturage ou de droits de passage. De surcroît, des connaissances et un savoir-faire limités du traitement et de la promotion des sous-produits tels que le lait (malgré un marché potentiellement porteur en raison du coût élevé du lait en poudre importé) entravent l'amélioration des revenus. Nos offres de service se ventileront sur plusieurs aspects allant des approches de résolution des conflits à celles de la planification communautaire pour un meilleur accès aux pâturages, ou encore la promotion de solutions techniques pour améliorer l'exploitation et la commercialisation des produits laitiers. Nous recherchons une amélioration sensible des revenus des groupes indigènes marginalisés (les Mbororo, les Fulani) et en particulier des femmes de ces groupes. En deux ans, nous aurons démontré des solutions d'accès au terroir qui fonctionnent tant pour les communautés agricoles sédentaires que pour les communautés pastorales et nous aurons également aidé au développement des recherches, contacts et plans nécessaires à la commercialisation de sous produits de l'élevage pastoral.

Finalement, notre secteur innovateur sera une initiative soit de biogaz (sujet à une étude de faisabilité) soit de bioénergie adaptée au marché national et centrée sur les ménages pauvres.

Notre travail sur les filières de produits tant forestiers que pastoraux bénéficiera de la poursuite de nos activités, au niveau national, pour un climat des affaires et de la gouvernance plus favorable au développement des petites et moyennes entreprises.

Accès équitable à des Services de Base de qualité

Dans les secteurs de l'eau et de la santé, nous poursuivrons une approche qui permettra de promouvoir la pérennité des services tout en mettant l'accent sur l'inclusion sociale et l'équité. De nombreux investissements réalisés ces dernières années dans le secteur de l'Eau Potable ont eu peu d'impact, soit parce que compromis par une mauvaise gestion ou par manque de fonds affectés à la maintenance. La gouvernance des structures liées à l'eau et le cadre institutionnel de l'approvisionnement en eau constituent des questions fondamentales. Sur une période de deux ans, nous aurons développé des systèmes de gestion équitable et durable pour la distribution de l‘eau potable dans quelques communautés rurales. La connaissance et le savoir-faire acquis dans nos expériences de planification avec les communautés rurales, associés à une connaissance antérieure du secteur de l'eau permettront une approche pragmatique, orientée vers la résolution de problèmes concrets. La encore, nous chercherons à développer des outils utilisables par d'autres dans différents contextes afin de maximiser l'impact de notre travail.

Les indicateurs de Santé Primaire – comme les taux de mortalité infantile et maternelle – restent élevés. Le poids de la maladie sur les ménages pauvres, et surtout leur incapacité à payer les services de santé, font des objectifs ‘santé' du millénaire ceux qui ont le moins de chances d'être réalisés au Cameroun. Ce secteur est nouveau pour la SNV, mais nous mettrons l'accent sur les problèmes du financement de la santé, ce qui nous permettra d'utiliser notre bonne expérience dans la gestion décentralisée. Avec les partenaires locaux, nous soutiendrons les initiatives qui œuvrent à ce que fonds publics pour aux services de santé atteignent bien leur destination. Nous aiderons également au renforcement d'initiatives locales, par exemple les mutuelles de santé, qui permettent un accès équitable à ces services et donc une meilleure cohésion sociale. Ce travail sera d'abord testé dans quelques districts avant de l'élargir à d'autres zones. D'ici à 2009, nous chercherons à améliorer l'accès des pauvres à des services de santé gérés de façon saine et efficace. Ce faisant, nous aurons contribué à l'amélioration générale des conditions de vie des ménages .