FORESTERIE COMMUNAUTAIRE

 1) Problématique : (Contexte et comment se pose le problème ?)
 La loi forestière de 1994 permet aux communautés d’exploiter elles-mêmes leurs produits forestiers (ligneux et non ligneux). Quelques expériences ont été positives mais force est de constater que le processus de foresterie communautaire (FCT) au Cameroun est caractérisé par un niveau faible d’information / de formation à destination des communautés qui, ainsi, ne peuvent que très rarement acquérir un véritable pouvoir sur la gestion de leurs forêts communautaires (FC). Pour des raisons différentes, de nombreux acteurs « confisquent » le processus : les élites locales (ou extérieures), les ONG, etc., ces entités / personnes étant en interaction afin de tirer le maximum du processus. Les communautés sont en effet souvent démunies et s’adressent à ces acteurs en vue du financement du processus. Ainsi, il n’est pas rare de constater une certaine confusion dans les sources de financement, ce qui constitue une porte ouverte à des malversations techniques et financières voire à l’exploitation illégale par les communautés elles-mêmes ou des tiers. Cette exploitation illégale, véritable fléau dans certaines zones, est aussi due à des procédures lourdes, complexes, lentes et centralisées imposées par la réglementation en vigueur. Celles-ci, de par leur nature inadaptée aux communautés, renforcent la confiscation du processus par d’autres acteurs. Par ailleurs, dès que la CG est signée, les communautés – rarement indépendantes et autonomes – sont confrontées aux dures réalités de l’exploitation et du marché (national, international) du bois. En effet, comment trouver un exploitant / acheteur ? Comment négocier le contrat ? Quel prix par essence et m3 négocier ? Comment atteindre des normes pour envisager un processus de légalité / traçabilité pour le marché international ? Comment avoir un minimum de produits de qualité pour « capter » les marchés ? Comment les communautés peuvent-elles être mieux informées sur l’environnement économique (dont les filières) ?


 Les gestionnaires des forêts communautaires assurent la 1ère transformation du bois c’est à dire de l’abattage à l’obtention des sciages (1er maillon des industries du bois). Pour l’ameublement, ces produits subissent une 2ème transformation dans des PME basées dans les centres urbains principalement à Douala et Yaoundé. Les principaux obstacles au développement de la 2ème transformation et à sa professionnalisation sont :
   • Une matière première peu adaptée à une production de qualité,
   • L’insuffisance de formation professionnelle et technique des employés du secteur,
   • La faible capacité en management des PME,
   • La faible capacité d’innovation et de stratégie de marketing,
   • L’absence de cadre de promotion de l’entreprenariat,
   • Les difficultés d’insertion dans le secteur formel dues au climat actuel des affaires et des investissements (impôts, financement, etc.),
   • Une faible représentation des professionnels du secteur.

 Par ailleurs, les marchés urbains sont en grande partie approvisionnés par du bois exploité illégalement. Les deux autres sources (très minoritaires) sont du bois issu des petits titres et des forêts communautaires.

 Depuis 2004, la SNV Cameroun supporte le processus de foresterie communautaire au niveau meso par le renforcement des organismes d’appui locaux , et au niveau macro par le plaidoyer en vue de l’amélioration de la réglementation et de la gouvernance en collaboration avec des organisations internationales (WWF, ICCO, CIFOR etc. ) et les bailleurs de fonds (DFID).


  2) Objectifs d’impact : (cibles)
Pour la période 2007-2015, la SNV Cameroun s’est fixé les objectifs suivants:
  • O1: Améliorer les capacités des communautés à gérer leurs forêts communautaires et accroitre leurs revenus dans les marchés nationaux et internationaux. Il s’agit de :
      √ Renforcer les capacités techniques et managériales des communautés impliquées dans la gestion des forêts communautaires
      √ Regrouper les forêts communautaires en vue d’améliorer les échanges entre communautés (pour le plaidoyer et le lobbying), de proposer des volumes significatifs pour le marché
      √ Développer le marché national et un marché international de commerce équitable pour le bois des forêts communautaires.
  • O2: Favoriser le développement durable du secteur de la 2ème transformation du bois.
      √ Améliorer les capacités managériales et d’accès aux financements des PME du secteur
      √ Améliorer la qualité des produits
      √ Favoriser l’approvisionnement en bois légal des transformateurs et artisans du bois.
  • O3: Améliorer le cadre légal de la foresterie communautaire et de la transformation artisanale du bois.
      √ Plaidoyer pour
     i) la révision de la loi et de la réglementation en lien avec la foresterie communautaire
     ii) l’amélioration du cadre institutionnel de la 2ème transformation du bois iii) la sensibilisation des acheteurs de bois au Cameroun et à l’étranger sur le commerce légal et équitable du bois des forêts communautaires
      √ Renforcer les administrations techniques dans le suivi et le contrôle des processus de foresterie communautaire et de 2ème transformation du bois.

 3) Résultats attendus
  • Les organisations d’appui influencent les politiques et la législation en faveur d’une bonne gestion des forêts communautaire
  • Le cadre légal de la transformation et de la commercialisation du bois est amélioré
  • La production de bois des forêts communautaires est améliorée et commercialisée
  • Les capacités organisationnelles, managériales et techniques des PME de la seconde transformation sont renforcées
  • Les PME de la 2ème transformation s’approvisionnent en bois légal provenant des forêts communautaires.


 4) Zones d’interventions
 Provinces du Centre, du Sud et de l’Est

 5) Clients : (types)
  • regroupements des forêts communautaires
  • organisations d’appui local
  • regroupements de transformateurs de bois
  • structures de négoces et de commercialisation du bois

 6) Partenaires
  • Ministère des Forêts et de la Faune
  • Ministère de l’environnement et de la protection de la nature
  • Organisations internationales (WWF, Nature +, ICCO etc. )
  • Bailleurs de fonds (DFID)